Kategorie: Mensch Staat

Sortir de notre impuissance politique

Geoffroy de Lagasnerie
Sortir de notre impuissance politique

Paradoxalement, nous plaçons rarement la question stratégique au coeur de l’analyse politique: lorsque nous sommes en colère, lorsque nous voulons intervenir politiquement
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En un sens, l’espace de la contestation est l’un des plus codifiès de la vie sociale.

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La catégorie désobéissance civile tend à séparer la dissidence ordinaire ( c’est-à-dire la délinquance des classes populaires, quotidiennes ….), qui devrait être sanctionée, de la désobéissance civile – c’est-à-dire la délinquance de la classe moyenne – qui, „elle“, serait „morale“ et devrait echapper à la répression. La classe moyenne blanche considère ainsi sa déliquence à elle comme morale, digne, chic, contrairement à celle des classes populaires – les seconds sont des déliquants, les premiers des citoyens exposés à la criminalisation …
Et si le geste intéressant consistait plutôt é tenter d’apréhender la logique contestataire commune à l’oeuvre dans les actions dites politiques et illégalimses quotidiens afin d’accorder à ceux-ci la reconnaissance du statut politique qui est de fait de leur de fonder un travail de construire d’alliances sur certes base?

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Dans le monde où l’État détient le monopole des armes et de la justice pénale, cous sommes faibles. Si nou deployons des actions violentes ou nous inspirons de la théorie anarchistes de la propagande par le fait, en réalité, nous nous livrons à l’appareil répressif de l’État. Nous instauron une scène où le rapport de force joue à notre défaveur. Quand nous augmentons le niveau de conflictualité, nous augmentons le niveua de la répression et son étendue. À tel point que l’on pourrait se demander si la pratique émeutière et l’affrontement avec la police (aussi grisante que puissent praître ces scènes, tout le monde le resent, mais la politique consiste aussi à savoir se méfier des affectes spontanés) ne devraient pas elles aussi être vues comme des sortes de happening, comme une manière de se mttre en scène comme sujet agissant quand, en vérité , on ne fait rien – si ce n’est wu’on se livre à l’appareil répressif.

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L’un des risques essentiels que emporte le recours à des modes d’actionsqui nous exposent à l’appareil répressi d’État cest aussi celui de la déviation d’objéctifs. Les mouvement qui on recours à des pratiques qui s’écartent de se qui est posé comme légal subissent da poursuites, des amendes ou des emprisonnements. Et alors, on remarque que, très vite, ou alors de facon très marquée, la mobilisation va se concentrer de plus en plus sur cet aspect et oublier, ou laisser quasiment au second plan, ce qui animait la lutte à son point de départ. C’est un mécanisme qui l’on a observé chez les mouvements d’action directe francais ou italiens des années 1960-1980: après de moments à lutter contre l’impérialisme, le capitalisme, la banque, l’appareil répressif de l’État s’est abattu sur eux, ce qui a conduit à l’emprisonnement de nombreux militants. Et la lutte est alors rapidement devenue un combat contre l’emprisonnement , pour la libération des camerades.
On ne compte pas aujourd’hui les soirées „antirépression“, les manifestations contre la répression du mouvement social …. Cela montre comment le moucement social peut en quelque sorte, à cause de la répression, non pas s‘ autodissoudre masi se transformer au point de lutter plus pour le mouvemetn lui-même, ou contre la répression du mouvement, que pour les causses auxquelles il voulati se consacrer à l’origine.
La pertinence du recours à des modes d’action qui nous exposent à la pénalité doit être interrogée étant sonneà l’existence nécessaire du danger. D’autant que notre résistance au pouvoir qui s’abat sur nous nous condouit à déployer des modes d’anayse particulièrement problématiques. Nous disons que nous somme „contre la répression“ alors que en réalité, nous ne sommes jamais réellement contre “ la répression“ en tant que telle et abtraitement: si nous-mêmes accédions au pouvoir, il est probable que nous réprimerions certaines formes d’activités ( par exemple les agressions extrème droite conter les migrants, les muslmans ou les marches des fiertés LGBT). En véritém nous sommes pour un certains nombre d’avancées et de transformations et ce que nous appelons „la répression“ est un problème en tant qu’il s’agit d’un force qui fait obstacle à ces avancèes. Ce n’es pas un sujet autonome. Si nous voulons consacrer notre énergie à ces avancéesm nous devons alors trouver des modese d’action qui ne font pas courir le risque de les oublier en chemin ou de parler d’autres choses.

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Tout mouvement sociale est confronté a une tendence à dévier par rapport à sese objéctifs premier, à s’autodissoudre, à se perdre dans le temps. L’une des formes que prend aujourd’hui cette tendence autodéstructrice réside dans le rapport que nous avons tendence à entretenir avec la police: nous devons interroger la place de la police dans nos imaginaires et les effets de la domination symbolique d’une forme de policio-centrisme dans nos cerveaux.
Il existe dans le champ contestataire une sorte de fascination (de fétichisme ?) pour la police. Quand nous manifestons, nombreux sont celles et ceux qui semblent partager le sentiment qu’il se passe quelque chose quand et seulement il se passe un affrontement avec la police (que la mainfestation semble prendre vie, que les vidéastes sortent leurs appareils….). Chez centaines fractions du mouvement social, l’idée d’une guérilla avec la police qui a pour obejctif da la faire reculer („degagez“) constitue l’essentiel des l’activité lors des rassemblements publics. On peut évidemment comprendre la nécessité de développer parfois das stratégies de confrontation avec la police lorsque celle-ci nouc emêche d’accomplir une action, comme occuper un bâtiment ou stopper l’expulsion d’un sans-papiers. La police es un problème quand elle est un obstacle …. Mais la confrontation avec la police pour elle-même et en tatn que elle, sans autre, objectif, constitue unde dépense d’énergie en pur perte: lorsque l’affrontement avec la police devient une scène autonome, nous appelons „action“ l’ouverture d’une séquence qui ne fait pas avancer nos objectifs et dont le résultat se réduit souvent à nous exposer au risque de nous retrouver prisooniers et donc de perdre toute possibilité d’agir.

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Nous devons nous méfier des affectes que peut susciter chez nous la police parce qu’ils peuvent nous conduire à adopter des pratiques faussement oppositionelles et vraiment dangereuses pour nous. Cette méfiance doit nous conduir également à interroger nos stratégies de dénonciation des comportements policiers en manifestation et la palce exorbitante que prend parfois la thématique des „violences policières“.
La critique des pratiques policières ( c’est volontairement que je n’utilise le terme pléonastique des violences policières) est éviedemment centrale – personne e le conteste. Les images des scènes où les policiers brutalement gazes, chargent, blessent, mutilent, sont si choquantes. Elles se mulitplient est à juste titre l’indignation augmente, même dans les grands média. Main on a parfois l’impression qu’une manifésttion se résume à ce qui s’est passé avec la police. Les vidéos qui circulent et qui sont partagées dans les heures qui suivent la manifestation semblent s’y résumer – comme ci celle-ci n’était finalement qu’un prétexte pour être terrain d’observation de l’activité policière.
Cette focalisation de l’attention ne met-elle pas le mouvement en danger? C’était très frappant lors du mouvement des gilets jaunes, où l’on par example petit à petit vu l’attention publque se déplacer des bases matérielles de ce mouvement (

…à suivre

Geoffroy e Lagasnerie
Sortir de notre impuissance politique. Fayard. P. 51f.

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Nous vivons dans un monde incohérent et devons assumer le chaos dans lequel nous vivons. Nous devons rompre avec une certaint conception da la radicalité qui invoque la nécessité de la montöö engénéralité mais qui fait que, paradoxalement, plus on est radical, plus on semble lucide, moin nous pouvons faire quelque chose – il n’y a rien à faire – puisque l’enemie est abstraite, lointian, inatteignable et, en fait, fictif. Nous devons renoncer à toute politique totale et à tout fantasme de luttes partagées.
Au fond on pourrait dire ceci: un discours qui affirme s’en prendre à une forme de pouvoir mais qui, lorsqu’il s’énonce, n’identifie pas un système réel et des mesures conctrètes pour le transformer, n’est pas un discours politique. C’est une prise de parole au cours de laquelle qu’elqun se fait plaisir, se fait applaudir, mais cela ne peu pas être le socle d’une politique radicale et efficace. Par exemple, pour revenir à l’example des pratiques policières, si nous inscrivons la question de la police danl l’histoire des colonie, de l’impérialisme, du néolibéralisme, il y a nécessairemnent un effet démobilisatuer parce que si nous devions dissoudre ces structures afin que les jeunes Noirs et Araabes ne souffrent plus de l’ordere policier, cela n’arrivait jamais. Au contraire, si nous inscrivons cettte question dans une problématique, elle aussi systémique, mais située réelle, du contôle d’idendité, de l’éspace public, de la course poursuite, da la prise du corps, du droit d’arrestation, nous identifions des systèmes de pouvoir spécifiques qu’il est possible de transormer, voire abbatre par des mesures léglislatives, ce qui peut produire des effets de libération poour celles et ceux qui le subissent.
Les luttes sont fortes quand elles sont spécifiques, locales et quand elles vont au bout de leur singularité.
Qu’est-ce que cela implique d’affirmer par exemple que le combat contre les pratiques policières comme ceuli que mène le comité Adama est singulier? Cela signifie instister sur le fait que ce qui a tué Adama Troré le 19. Juillet 2016 est le fait d’un système de pouvoir qui es inscrit dans l’ordre pollicier, et qui est, en fait, relativement indépendant d’autres ordres, et par exemple de la justice et da la prison. Et qu’il n’y a pas ici l’unité d’un pouvoir répressif. C’est une quetion spécifique qu’il faut poser pour en comprendre la logique. Cela ne veut pas dire que chacun des ordres particuliers institués ne dépend pas des grandes forces à l’oeuvre dans le monde mais que, néamoins, ils représentent chacun une certaine manière de les signifier, de les articuler et chacun réclame des mesures spécifiques por être démantelé. On peut dire que la police est raciste mais la question politique devrait être: qulles mesures conrcète peuvent faire reculer les pratiques racistes de la police?

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Je suis persuadé que la recherche obsessionelle da la génénralité dans le mouvement social, qu’il éloigne pourtant de la possibilité d’une effectivité réelle et par laquelle il se condamne à la défaite, vient pour une grande part de l’angoisse éthique qui étreint tout militant. Lorsque nous nous investissons dans une lutte, nous consacrons du temps, de l’énergie, de l’argent aussi souvent, à une cause. Mais cela signifie aussi que nous devons renoncer à mener d’autres combats, à nous occuper d’autres souffrances, à accompagner d’autres plaintes. La condition de possibilité de toute lutte es de faire le deuil d’autres luttes. Autrement dit, le fait de s’engager politiquement nous confronte mécaniquement à la problématique da la hiérarchie inconsciente des luttes que nous établissons: pour quoi consacré-je mon temps plutôt à la question policière qu’à la question migratoire, à l’écologie qu’à la prison? Il est très difficcile de se dire à soi-même et de reconnaître ceci: je ne mène pas ce combat, je ne m’implique pas pour cette lutte, je ne fais rien pour les Sans Domicile Fixe…. Et alors, il est possible que le thème de convergeance des lutte, de la révolution, de l’alliance entre les combats représente la manière de gérer cette angoisse et cette mauvaise conscience. Cette croyance est vide mais elle permet de se persuader qu’il serait possible, quand on mène une lutte, de les mener toutes, d’en abandonner aucune.
Cette économie physique compense notre douleur mais c’est aussi elle qui nous condamne à l’échec pratique.

Geoffroy e Lagasnerie
Sortir de notre impuissance politique. Fayard. P. 88-91

Appartenance

Mensch, Souveränität, Staat: Ein Fehlverständnis verstehen und aufdröseln lernen. Denn dieses Fehlverständis kostet uns Menschen wie es die CoronaPlandemie es nicht deutlicher zu Tage bringen kann, Kopf und Kragen, Freiheit und Gesundheit.

Appartenance

La raison pour la quellle il m’a semblé que le geste d’Edward Snowdon se distinguait de la désobéissance civile est que, en quittant les États-Unis, il m’avait paru avoir dit: la Loi américaine n’est plus ma Loi. Je divorce de mon pays. Mais l’on pourrait en fait poser cette question: est-il nécessaire da partir au sens géographique du terme pour qu’un acte de récusation désigne une réalité? Et même: cet acte de récusation est-il nécessaire pour parler d’une exteriorité du sujét à l’ordre juridique? Dire que Snowdon retire son consentement, ou qu’il fuit, n’était pas présupposer qu’il était inclus, qu’il avait donné consentement et que, désormais, il fait le geste inverse. I existe une tradition de réflexion américane, chez Emerson et Thoreau par exemple, sur le droit de „retirer sa voix“ de la société, sur la possibilité de divorcer de l’État, de se séparer, de partir …. Mais celle-ci ne présuppose-t-elle pas de la même manière l’inscription première du sujet politique dans l’État et dans le système légal?
Poser comme une évidence notre appartenance à l’ordre juridique traduit une tendence à croire trop spontanément à le pérformativité des actes d’État. Si une enitité me dit: tu m’appartiens, si elle me donne des papaiers, si elle affirme qu’elle m’enverra des troupes pour me rappeler à l’ordre si j’agis différement de ce qu’elle veut, on ne doit pas dire que je lui appartiens, qu’elle m’a construit comme sien. On doir dire qu’elle essaie de m’imposer un ordre, qu’elle tente un coup de force. Ce lien est unilatéral, et il le reste. Et lorsque j’agis différement de ce que cette entité voudrait, ce n’est pas que je rompe un lien avec elle, car il n’y a jamais eu de lien.
En quoi est-ce qu’un individu appartient à l’État parce que, un jour, alors qu’il venait de naître et qu’il ne parlait pas la langue, cette entité lui a dit: tu m’appartiens? Ce n’est pas parce que cette déclaration existe que ce qu’elle énonce est doté de réalité. Ce n’est pas parce que c’est dit que c’est vrai. À bien des égards, on peut affirmer que cette déclaration est une mystification. Et le rôle de la théorie politique n’est pas de ratifier les mystifications, mais de les dénoncer et, à partir de là de construire un language oppositionnel.
La catégorie de désobéissance fait fonctionner une compréhension inadéquate du lien politique. On pourrait aller jusqu’à dire: elle construit une inscription des actions dissidentes à l’intérieur de l’ordre juridique que ces actions défont et dont elles démentent la reconnaissance par leur existence même. Le concept de désobéissance prétend nommer les actions et les sujets contestataires et peut-être même leur rendre hommage. Mais en fait, dans le moment même où il désigne l’oppostition de certaines actions à la Loi, il place ces actions sour l’ordre juridique et il construit les sujets insoumis comme sujets définis par leur appartenance à un ordre du droit auquel ils devraient normalement se soumettre. C’est ce qui explique pourquoi il est si difficile, dès qu’on emploie cette catégorie, de ne pas se poser la question de l’accepation de la sanction ou d’une certaine forme de légitimisme institutionnel toujours accompagné d’un appel au calme et à la sagesse (qui prend notamment la forme d’appel à la non-violence): ce légitimisme est inscrit dans la notion de désobéissance. qui suppose l’adhésion à l’ordre juridique et la reconnaissance de ceuli-ci dans ses prétentions.
Pour moi, le rapport que j’entretiens avec ce qui est devenu „la Loi franciase“ est indentique au rapport que j’entretiens avec mon voisin. C’est par hasard que nous nous retrouvons face à l’autre. Et quand nous sommes en désaccord, je l’affronte, et je ne lui reconnais pas une prétention à mes gouverner et même à me concerner. Pourqui en serait-il autrement?

Geoffroy de Lagasnerie, La Conscience Politique. Édition àvenir Fayard. P. 141-143

Devoir

Mensch, Souveränität, Staat: Ein Fehlverständnis verstehen und aufdröseln lernen. Denn dieses Fehlverständis kostet uns Menschen wie es die CoronaPlandemie es nicht deutlicher zu Tage bringen kann, Kopf und Kragen, Freiheit und Gesundheit.

Devoir

Utiliser le concept de désobéissance ne signifie pas seulement de ratifier une hypothèsse d’appartenance. C’est également supposer que le sujet doit quelque chose à l’État, qui est engagé envers lui et que ce qui est étatique détient une légitimité à lui adresser des ordres: si mon voisin vient me voir pour me dire de ne pas faire trop de bruit, et que, un jour, je fait du bruit, il est évident que nous ne dirions pas que je désobéis: il n’en est pas en position de me donner des ordres qui me concernent. Nos deux volontés s’affrontent. J’affirme ma volonté cotre la sienne, et le rapport entre nous est pur rapport d’extériorités entre deux volontés contradictoires. Je ne désobéis pas à mon voisin quand je suis en désaccord avec lui. Pourquoi dit-on alors que je désobéis à l’État?
La catégorie de „désobéissance“ présuppose la reconnaissance d’une légitimié à me commander.
Je ne peux pas désobéir que si je suis construit comme sujet soumis: employer le verbe „désobéir“ suppose de poser l’obéissance comme acte premier et normal et de défnir l’action dissidente comme refus du conformisme.
Lorsque je dis que je désobéis, je reconnais que j’appartiens à l’État et qu’il est légitime à exercer un pouvoir sur moi. Je ne peux pas désobéir que si je devais obéir.
Mais en quo l’État a-t-il une autorité sur moi? Pourqoi accepter ce soit lui qui fixe les règles et que ce soit par rapport à lui que l’on définisse mes actions?

Geoffroy de Lagasnerie, La Conscience Politique. Édition àvenir Fayard. P. 140

Bild: Thomas Hobbes, Leviathan.